Compte rendu de la conférence du 5 octobre à l'hôpital Jean-Jaurès

Hugues Sibille et Paul-Henri D'Ersu

Directeurs d’associations, trésoriers, secrétaires, bénévoles, consultants, vous étiez une centaine de participants à notre conférence. C’est donc dans un amphithéâtre bondé de l’hôpital Jean-Jaurès qu’Hugues Sibille (président de l’AVISE) rappelle d’emblée le sujet à traiter : « comment pérenniser et développer son association ? »

 

Pour répondre à cette question, Valérie Anfray-Vitton (directrice du marché des associations et des organismes d'intérêt général du Crédit coopératif), Jean-Marc Borello (Délégué Général du Groupe SOS), Paul-Henri d’Ersu (président de JCLT) et le Président de l’AVISE se sont réunis.

 

Le constat, largement partagé par les intervenants, est dressé dès le début de la conférence. Le monde associatif connait une mutation engendrée notamment par la baisse des subventions publiques mais aussi par la nécessaire professionnalisation des associations. L’argumentation développé en premier lieu par le Président de l’AVISE s’appuie notamment sur les résultats d’un sondage mené auprès de 2500 associations quant à leurs besoins. Découvrez ces résultats.

Définir un projet associatif clair, première étape vers la pérennisation et le développement

Quand Jean-Marc Borello fonde SOS Drogue international en 1984, il ne semble pas évident qu’il ait envisagé la mutation de cette association qui deviendra par la suite l’une des associations fondatrices du Groupe SOS. Néanmoins, c’est grâce à une capacité d’adaptation vis-à-vis de l’évolution des besoins de la société civile que le Groupe SOS est né.
Lorsque Hugues Sibille évoque la nécessité de « savoir où l’on va à court et moyen terme », il fait référence au plan de développement que chaque association doit élaborer. Aussi simple que cela puisse paraître, la définition du projet associatif est en effet la condition première à l’existence d’une association.

L’enjeu capital de la Gouvernance

Les problèmes de gouvernance, Paul-Henri d’Ersu les a vus de près en tant que Président de JCLT. L’information, la vie de l’association doit remonter jusqu’au Conseil d’Administration, notamment par le biais du Président, afin que les meilleures décisions soient prises.  Pour Jean-Marc Borello « la Gouvernance doit être adaptée à chaque organisation, l’important étant que la responsabilité soit partagée ».
Les intervenants sont unanimes quant aux mesures concrètes à prendre afin d’avoir une gouvernance efficace. Cette dernière doit être rajeunie, paritaire et doit également intégrer et attirer les nouvelles générations de diplômés des grandes écoles. Comme le souligne Valérie Anfray-Vitton, les associations ont besoin de la même expertise, du même niveau de compétences que celles développées dans le monde de l’entreprise.

Le financement comme pilier d’une association

Valérie Anfray-Vitton et Jean-Marc BorelloLorsque Jean-Marc Borello lance « la subvention, c’est un mot qu’il va falloir apprendre à oublier » il fait échos aux chiffres donnés par Hugues Sibille. En 2012, la part du financement public dans le monde associatif ne représentera plus que 46%. Ainsi, pour établir un modèle économique viable et diversifié, tant préconisé par nos intervenants, les associations doivent trouver des solutions.
La représentante du Crédit Coopératif souligne la distinction entre les fonds publics, les prêts bancaires et les fonds propres ainsi que l’impératif de ne pas faire de mélange dans les circuits de financement.
Demeure la question essentielle que chaque association se pose : comment augmenter les fonds propres ?  Pour cela, il peut être envisagé d’élever les cotisations, mais il faut surtout penser à diversifier les prestations offertes aux usagers ainsi que de développer des partenariats avec les entreprises. Le mécénat croît fortement mais il est essentiel d’être organisé et reconnu pour aller capter ces fonds privés.

Le regroupement associatif, la voie privilégiée du développement

S’il est en effet impératif pour une association gestionnaire d’une certaine taille de disposer de l'ensemble des fonctions supports (direction financière, juridique, R.H, comptabe, etc.), les compétences nécessaires n’en sont pas moins onéreuses.
La solution pour atteindre ce niveau d’expertise existe, elle consiste en un rapprochement entre les associations. Rapprochement qui peut prendre différente formes. L’objectif n’en reste pas moins identique, mettre en commun les compétences au sein d’un groupement d’employeurs et créer des synergies.
Le Groupe SOS a développé des solutions adaptées pour que des associations le rejoignent afin de construire ensemble. La filialisation en est un exemple et l’association JCLT la preuve concrète de sa réussite. Ecoutez le témoignage de son président.
Ce modèle de rapprochement particulier permet à l’association de conserver son nom et son identité juridique.

Le témoignage de Paul-Henri d’Ersu a laissé place à une session de questions-réponses entre les conférenciers et le public. Le tout s’est conclu par un cocktail convivial durant lequel les participants ont pu échanger entre eux mais également avec les intervenants.