Compte-rendu de la rencontre débat du 14 juin

Mardi 14 juin le Groupe SOS proposait aux associations une rencontre-débat sur le thème : « Associations, économie sociale et solidaire : solutions concrètes pour changer d'échelle »

Une centaine de personnes sont venues échanger à l’hôpital Jean Jaurès en compagnie de Jean-Marc Borello, délégué Général du Groupe SOS, François Goudenove, président de la société Websourd et Dominique Blairon, directeur de l’association Le Renouveau.

Jean-Marc Borello a d’abord présenté les possibilités de partenariats avec le Groupe SOS pour développer des structures ayant un impact social. La recherche de biodiversité économique pousse le groupe à multiplier les innovations et les échanges avec des structures ayant un impact social fort, associations ou sociétés. Dans ce cadre, le Groupe SOS souhaite s’adresser aux associations en difficulté, en recherche de conseils pour leur gestion ou de financements pour se développer.

Le Renouveau : se regrouper pour développer l’aide sociale à l’enfance

Dominique Blairon, éducateur et directeur de l’association Le Renouveau, a présenté son association ainsi que les raisons, le processus et les résultats de son intégration au sein du Groupe SOS. Créée en 1945, Le Renouveau développe depuis l’excellence scolaire dans le domaine de l’aide sociale à l’enfance. Devenue MECS (Maison d’enfants à caractère social), l’association était confrontée à des difficultés non pas financières mais de gestion et d’administration pour continuer à innover.

Le Renouveau s’est donc tourné vers le Groupe SOS début 2011. Dominique Blairon a alors évoqué les inquiétudes des travailleurs sociaux : risque de délocalisation, autonomie,  identité. Le problème de l’identité se posait avec d’autant plus d’acuité que dans un processus de fusion de deux associations, les associations perdent notamment leur nom. Grâce au processus de filialisation que le Groupe SOS proposait au Renouveau, l’association a gardé son identité, son projet pédagogique, son patrimoine et ses salariés. Pour Dominique Blairon, les autres avantages de l’intégration au Groupe SOS sont un crédit retrouvé auprès des autorités de contrôle et de financement, le développement des infrastructures, l’apport des professionnels du Groupement d’intérêts économiques du groupe pour les tâches de gestion, qui permet aux éducateurs du Renouveau de se concentrer sur leur cœur de métier.

Websourd : trouver des financements pour innover au service des sourds

François Goudenove a présenté Websourd, Société coopérative d’intérêts collectifs, qui a pour objet de favoriser l’intégration des sourds dans la société grâce à des outils technologiques leur permettant de mettre leurs compétences au service de la société (développement d’un système de téléphonie adapté par exemple). Cette entreprise qui compte aujourd’hui 30 salariés (dont 20 sourds) a choisit le statut de société coopérative afin de développer un modèle économique autonome qui ne dépend plus dessubventions.

Comme le développement d’outils technologique nécessite d’importants investissements, Websourd a recherché des financeurs. Sa rencontre avec le Groupe SOS a débouché sur un investissement du groupe dans ce projet fort de sens via le Comptoir de l’Innovation, sa structure d’investissement. Ce soutien financier a permis à Websourd de négocier plus efficacement avec les partenaires bancaires et de développer des projets socialement performants mais non lucratifs.

Echanger pour construire ensemble

Après ces présentations les intervenants ont répondu aux questions de la salle dont les principales sont rapportées ici.

Quelle est la part d’autonomie laissée aux associations rejoignant le Groupe SOS par le processus de filialisation ? Les réponses de Jean-Marc Borello et surtout de Dominique Blairon ont permis de montrer que ces associations jouissent d’une grande autonomie. Elles restent juridiquement l’employeur des salariés, conservent leur nom et répondent à des appels à projets en leur nom propre.

Quelles est la relation juridique entre le Groupe SOS et les associations ou sociétés qui le composent ? Lors du processus de filialisation, les trois associations fondatrices du groupe deviennent membres et forment l’Assemblée Générale de l’association. Concernant les sociétés du Groupe, ce sont les associations fondatrices qui en sont les seuls actionnaires. Ainsi, aucun capital financier ou immobilier n’appartient à une personne physique.

Quels sont les critères pour que la rencontre entre une association et le Groupe SOS fonctionne ? Jean-Marc Borello a dégagé trois idées :

  • Un impact social fort
  • Des valeurs communes
  • Un projet potentiellement viable (la taille du Groupe SOS permet de faire face aux difficultés de départ)

En conclusion, diversifier l’innovation

Jean-Marc Borello a conclu l’échange en soulignant la nécessité de créer une biodiversité économique dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, en prenant l’exemple d’autres entrepreneurs sociaux se regroupant et créant de nouveaux modèles pour développer le secteur. Les participants ont ensuite pu continuer d’échanger sur leurs projets autour d’un verre.